Les squatteurs de l’âme
- Olivier Hakizimana

- 21 nov. 2025
- 3 min de lecture
Un soir comme les autres, j’étais assis dans mon salon, télécommande à la main, zappant mécaniquement les chaînes, sans vraiment savoir ce que je cherchais. Mon attention s’est arrêtée sur une émission diffusée sur une chaîne française dont le sujet était le phénomène du squat. Pour ceux qui ne le connaissent pas, la définition d’un squat : c’est lorsque quelqu’un s’installe dans une maison ou un local sans autorisation du propriétaire, ni contrat de location. Bref, ce sont des personnes qui s’installent là où elles n’ont aucun droit d’être.
En regardant l’émission, j’ai appris que, même si c’est illégal, l’expulsion d’un squatteur peut être extrêmement lente et compliquée. Si l’occupation dépasse 48 heures, le propriétaire ne peut plus intervenir seul : il doit passer par la justice, faire appel à des huissiers, attendre des mois, et parfois des années.
Mais, ce qui m’a le plus bouleversé, ce n’est pas la procédure, c’est l’état des maisons. Certaines ressemblaient à des ruines : murs noircis ou troués, graffitis, meubles brisés, odeurs nauséabondes, déchets partout, et même des rats. Ce qui était plus difficile à voir, c’étaient les visages de ces propriétaires, en larmes, qui continuaient à rembourser le crédit de maisons devenues invivables.

Dépossédés de leur propre toit, parfois ruinés émotionnellement et financièrement. J’étais en colère, frustré et même triste. J’imaginais ce que je ferais si j’avais une baguette magique pour remettre de l’ordre.
Et puis, une pensée m’a traversé l’esprit. Une question un peu déstabilisante, presque absurde :
« Et toi, que fais-tu des squatteurs qui vivent chez toi ? » Je suis resté figé.Bien sûr, il ne s’agit pas d’une maison physique mais de mon cœur et de mes pensées et de ma bouche. Et là, comme un flash, j’ai compris. Mes plaintes, mes murmures, mes grognements quotidiens… ce sont aussi des squatteurs. Ils s’infiltrent sans prévenir. Ils prennent de la place. Et plus on les laisse faire, plus ils causent des dommages au niveau de notre joie, notre enthousiasme, et notre espoir. Un jour, tu te lèves, et tu ne reconnais plus l’intérieur de ta propre vie.
Comme ces maisons envahies de déchets, ton cœur s’encombre peu à peu de pensées sombres. Tes paroles perdent leur saveur. Tu t’éloignes petit à petit de ta vraie maison intérieure, celle où règnent la paix, la gratitude et l’envie de bâtir. Et devinez quoi ? Ces squatteurs émotionnels, eux aussi, sont durs à expulser. Ils s’incrustent doucement, sans fracas, mais laissent derrière eux un chaos silencieux.
Alors, ce soir-là, je me suis dit :
Et si je commençais par faire le ménage en moi ? Et si je reprenais possession de mon espace intérieur? Pas à coup de violence, ni de justice, mais avec une arme bien plus puissante : la gratitude.
Prière
Seigneur,
Aide-moi à chasser ces squatteurs invisibles, les plaintes, les récriminations et les murmures qui se sont installés sans droit dans ma vie. Ils n’ont rien à y faire. Fais de ma bouche une source d’eau vive, un fleuve inépuisable de louange et de reconnaissance pour tes merveilles.
Ouvre mes yeux sur les dégâts silencieux que les murmures et les lamentations causent, non seulement en moi, mais aussi autour de moi, chez ceux qui partagent mon quotidien. Rééduque mon âme, ma langue et mes pensées à la
gratitude. Et, que là où régnaient les soupirs, s’élèvent désormais des chants d’espérance.
Amen.
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