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Prompt à écouter et lent à parler



André: As-tu suivi hier l'intervention de Pierre à la télé?

Max: Oui, c'était vraiment intéressant ce qu'il disait. André: ok...intéressant? Avec toute cette arrogance?


Max: Arrogance? Es-tu sûre qu'on a suivi la même interview ? André: T'as pas vu combien il était arrogant, orgueilleux et imbu de lui-même ? Max: Comment as-tu réalisé tout ça pour une interview qui a duré à peine cinq minutes? André: pour moi, ça m’a semblé une éternité. A chaque intervention, c'était "Je", "moi","mon" etc.

Max: Je le trouve pas si différent de...euh...Matthieu…

André: Tu le fais exprès j'espère ? Comment oses-tu comparer les deux? As-tu déjà entendu l'histoire de Matthieu? Si tu le connaissais personnellement tu comprendrais que même s'il utilise souvent la première personne du singulier, ce n'est pas de l'orgueil. Son passé a fait de lui quelqu'un de sensible mais aussi d'effacé.



En suivant cet échange, j’appris une leçon que je n’oublierai pas de sitôt. Nous avons tendance à condamner ou à juger très rapidement sans prendre le temps de connaître une personne ou d’analyser sa situation. Nous condamnons ou jugeons ce que nous ne connaissons pas.

Les cas de procès suscitent toujours des controverses, qu’on se demande souvent pourquoi il n’y a jamais unanimité ? Pourquoi y en a-t-il qui maudissent et condamnent tandis que d’autres comprennent et défendent ? Même s’il y a différentes réponses à cette question, ce qui est sûr c’est qu’on devient plus indulgent quand on s’identifie à une personne ou à une situation. Le cas le plus flagrant est l’incident qui s’est passé avec la cathédrale de Notre-Dame à Paris en Avril 2019, et qui a fait couler beaucoup d’encre et a fait trembler la toile. Certaines personnes ne comprennent pas tant d’émoi pour un bâtiment de huit cents ans, tandis que d’autres versent des larmes et sont prêts à toute sorte de sacrifice, matériel ou financier, pour la restaurer ! Les premiers sont indignés de voir que l’attention accordée à ce bâtiment est disproportionnée à celle accordée aux catastrophes humaines en Asie ou en Afrique. Les seconds, moins d’être indifférents à d’autres catastrophes, souffrent de voir un symbole culturel d’une telle importance partir en fumée ! Quand nous apprenons qu’il y a eu une catastrophe naturelle qui a emporté des centaines de vies à l’autre bout de la terre, nous sommes bien sûr affectés, mais pas au même point que quand nous apprenons la mort d’un voisin emporté par une maladie quelconque. Plus c’est loin, moins on est affecté parce que d’une part, on croit inconsciemment être à l’abri et d’autre part, on est émotionnellement moins liés. Ma femme, qui est médecin, m’a appris qu’il est déconseillé d’opérer ou de soigner son enfant ou un membre proche de sa famille. Le diagnostic n’est plus objectif et le risque de faire des erreurs s’accroit sensiblement. C’est comme si en s’identifiant à une personne, une situation ou un événement, on était moins rationnel mais plus émotionnel, sensible et vulnérable ! L’identification à une personne ou une situation atténue notre jugement, nous pousse à prendre assez de recul et surtout à devenir plus emphatique. Et comme quelqu’un l’a si bien dit, quand on apprend l’histoire derrière chaque chanson, elle n’est plus la même, elle prend un autre sens, plus profond et surtout elle devient nôtre. Passe une semaine avec quelqu'un sur qui tout le monde crie "crucifie-le" et si par chance il nous raconte son histoire, nous réaliserons que c'est peut-être Le Christ. Leçon : Soyons prompts à écouter et lents à parler (juger).

 


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