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"Ubusya uwundi buroroha"(Travail fait par autrui paraît toujours plus facile)



Cette phrase est un proverbe burundais qui signifie que le travail fait par l'autre paraît toujours plus facile, avant qu'on s'y attèle.

Le premier jour où j'entendis ce proverbe, j'étais une jeune interne en médecine dans un hôpital militaire et participais à une opération chirurgicale avec l 'un de mes mentors en médecine.


J'observais donc ce chirurgien-militaire, haut gradé, médecin expérimenté, mettre une plaque vissée sur un tibia fracturé. Je l'avais vu faire bon nombre de fois cette opération que j'arrivais à anticiper le moindre de ses mouvements ... Puis il me surprit en me disant:

  • "Nathalie, viens ici.Tu vas mettre cette plaque."

La peur m'envahit, un frisson submergea tout mon être et comme je savais que je n'y arriverais pas, je lui répondis bien malgré moi et surtout très spontanément:

  • "Non Docteur, je ne peux pas."

Mais ce fut un non qui en disait long; un je-ne-peux-pas-le-faire parce que je n'étais pas autant expérimenté que vous, que je risquais de mettre en danger ce patient et surtout que je n'étais pas prête pour ce baptême de feu!

  • "Ha bon ,tu pensais que c'était facile?" Ubusya uwundi buroroha.

Il m'ordonna de prendre sa place pour opérer avec lui car c'est le genre de médecin à qui on ne dit pas non deux fois, qui a une aura qui impose le respect et l'admiration de ceux qui travaillent avec lui. De l'ancienne école tout simplement, si bien que je me surpris d'avoir osé lui avoir dit non, moi pauvre interne sans expérience et sans grade. Je m'exécutais alors et me plaça à ses côtés pour opérer comme chirurgien principal. Je me mis à l'oeuvre sous son commandement bien sûr. Je dois vous avouer que connaissant mon professeur, j'avais plus confiance en lui qu'en moi et l'avoir vu bien des fois sauver des vies et son dévouement pour ses patients me rassurait grandement. Je pris ce risque de faire cette opération, ou plutôt il prit le risque de me diriger dans cette opération que je réussis, ou plutôt qu'il réussit à travers mes mains.


De David. Béni soit l’Éternel, mon rocher, Qui exerce mes mains au combat, Mes doigts à la bataille, Psaumes 144:1 LSG


Je ne vous dis pas la joie que je sentis en voyant le cliché radio de ce tibia réparé quelques jours plus tard et les paroles de mon chef disant:

  • "Tu vois, tu as bien réussi "....

Il est de ces mots qui vous remontent le moral, qui sont un baume au coeur dans des saisons de doute et de confusion. Tout comme les promesses de Dieu à notre égard.


Mais tout n'est pas toujours beau et l'échec ne signifie pas que Dieu soit absent surtout quand tout nous semble absurde, différent de nos attentes et de notre définition du succès. Bien que je reconnais cette expérience comme marquante dans ma future vie de médecin, il est certain que mon professeur m'a souvent repris lorsque je faisais des erreurs pour faire de moi un meilleur médecin.

Dieu prendra le temps avec nous et quand Il faudra passer dans d'autres saisons qui nous effraient, Il s'assurera de traverser cette vallée avec nous. Il utilisera sans aucun doute sa Parole mais aussi des souvenirs heureux ou moins heureux pour nous rappeler combien nous avons besoin de Lui.

Il m’a répondu : « Ma grâce te suffit. Ma puissance se manifeste précisément quand tu es faible. » Je préfère donc bien plutôt me vanter de mes faiblesses, afin que la puissance du Christ étende sa protection sur moi.

C’est pourquoi je me réjouis des faiblesses, des insultes, des détresses, des persécutions et des angoisses que j’endure pour le Christ ; car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.

1Corinthiens 12:9-10



Voici une autre histoire bien moins heureuse de premier abord. Je me connais assez impatiente et souvent ce défaut s'accompagne de nervosité, voilà donc que je vous confesse quelques unes de mes faiblesses. Un jour que je n'arrivais pas à faire dormir les enfants à temps et comme l'impatience gagnait du terrain, le papa vint à la rescousse. Je me sentis honteuse d'avoir perdu la bataille face à l'impatience et je m'énervais encore contre moi-même. Et je questionnais donc Dieu sur ça :

  • pourquoi je perds les pédales, qu'est-ce qui ne va pas avec moi, qu'est-ce qui se passe "...

Et je sentis la plus claire et la plus douce des réponses :


"mais tout va très bien"... 

et j'éclatais de rire, tellement cette réponse ne correspondait pas à la réalité du moment. Toutefois, je fus forcer de reconnaître que ma réalité ne définissait pas la vérité spirituelle de Dieu surtout que j'avais cette fâcheuse manie de tout remettre à moi. Dieu donne une réponse selon Sa réalité qui, dit en passant, est la seule vérité et non la description de la situation.


Car il dit, et la chose arrive; Il ordonne, et elle existe. Psaumes 33:9 LSG


Mais comme ses ambassadeurs, nous devons confesser(cad dire la même chose que Dieu) sur nos circonstances afin que ces dernières s'ajustent à la Vérité ,cad à Christ, si nous voulons bénéficier dans notre réalité de SES promesses.

Depuis lors, malgré ce que je vois de moi (et je vous assure que les combats n'ont pas disparu par enchantement), je confesse cette vérité qui dit que le Saint-Esprit qui vit en moi produit son fruit, la patience en cette saison... et ça pousse, et ça pousse... kuko Ubusya Imana buroroha (car le travail fait par Dieu est toujours facile).

Très bonne semaine à vous

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