La consolation
- Nyamoya Nathalie

- 12 déc. 2022
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 avr.
Je me souviens de la première fois où je fus mère.
À part l'inconfort évident des contractions, qui méritent franchement leur propre article, voire leur propre thèse, je découvrais quelque chose d'entièrement nouveau. Quelque chose pour lequel aucun livre, aucun cours de préparation à l'accouchement, aucun conseil d'amie expérimentée ne m'avait vraiment préparée.
Ma fille Clara était une pure merveille. Je le pense vraiment, même si cette vérité n'engage que moi.

Les premiers mois furent les plus beaux. Je ne travaillais pas encore, et j'avais ce luxe rare et précieux : du temps. Du temps à passer avec elle, rien que ça, sans agenda ni obligations qui tirent dans tous les sens. Je l'emmenais partout avec moi malgré son très jeune âge, comme si la séparer de moi, même une heure, était une idée que mon corps refusait d'envisager sérieusement.
Mais les moments que je chérissais le plus, ceux que je revois encore aujourd'hui avec une netteté presque douloureuse, étaient ceux où elle dormait près de moi pendant sa sieste. Je l'observais. Je la regardais respirer. Et je pensais, avec toute la lucidité un peu stupéfaite d'une nouvelle maman, que rien ne pouvait être aussi beau que ça. Cette connexion qui s'installe. Ce lien qui s'établit tout naturellement, sans qu'on l'ait décidé, sans qu'on l'ait construit, il est simplement là, évident et immense.
Cette fusion-là, elle pousse une mère à faire des choses qui surprendraient n'importe qui vue de l'extérieur. À changer des couches sans rechigner. À utiliser sa propre bouche pour déboucher le nez de son bout de chou quand rien d'autre ne fonctionne.
Bon. Je l'ai fait. Je l'admets. Et je maintiens que ce lien est spécial, et qu'il vous fait faire beaucoup de choses non conventionnelles que vous n'auriez jamais imaginées avant.
Si l'amour d'une mère peut faire des merveilles, si un simple baiser posé sur un bobo suffit parfois à le faire disparaître, si des bras ouverts peuvent calmer une terreur nocturne en quelques secondes, si une présence silencieuse près d'un enfant qui pleure peut transformer le chaos en paix, alors imaginez ce que peut faire le Saint-Esprit quand on se laisse bercer par Lui.
Imaginez.
Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai.
Jean 16:5-7Jésus dit il vous est avantageux. Pas vous vous en sortirez. Pas vous survivrez malgré tout. Avantageux. Comme si ce qui allait venir après Son départ était non pas une consolation de second rang, mais quelque chose de plus intime encore, une présence qui ne se tient pas à côté de vous, mais en vous.
Une mère peut tenir son enfant dans ses bras. Le Saint-Esprit, Lui, habite à l'intérieur.
Je m'imagine souvent la scène de Lazare.
Pas la version rapide qu'on survole parfois parce qu'on connaît la fin. La version lente. L'amour du Père qui entoure ce corps sans vie depuis quatre jours. La puanteur, Jean prend soin de la mentionner, parce que la réalité de la mort est complète, il n'y a rien de symbolique là-dedans. Et puis la voix de Jésus qui perce le silence du tombeau.
Je m'imagine la puissance qui a dû se dégager dans cette obscurité. Une puissance que la pierre cachait aux yeux de ceux qui attendaient dehors, les larmes aux joues, ne sachant pas encore que quelque chose d'extraordinaire se passait dans ce lieu que tout le monde avait déjà abandonné.
Une puissance qui commence de l'intérieur. Qui remonte cellule après cellule. Qui redonne le mouvement, le souffle, l'être, à quelqu'un que tout le monde avait enseveli.
Le Saint-Esprit n'est pas seulement une Puissance de Dieu. Il est l'expression de l'Amour du Père à notre égard, et cet amour-là ne peut faire que des miracles quand on accepte de se laisser aimer par Lui.
Comme une mère avec son enfant, Il ne peut pas vous laisser seul. Il changera vos couches, ces parties de vous qui dégoûtent parfois les autres, ou que vous cachez soigneusement parce que vous pensez qu'elles sont trop laides pour être vues. Il ne rechigne pas. Il ne regarde pas ailleurs. Il s'approche.
Et Son baiser, cette présence douce et puissante à la fois, vous guérira absolument.
Il prendra le temps de vous redonner la vie dans votre tombeau. Pas seulement le tombeau visible, celui que les gens connaissent, celui dont tout le monde a appris le deuil. Mais aussi ce lieu si secret que personne ne sait même que vous êtes en train d'y mourir. Ce coin de vous que vous avez fermé à clé parce que la douleur y était trop grande pour être partagée.
Il le connaît. Il y entre. Il vous visitera, vous ressuscitera avec puissance, là où vous ne attendiez plus personne.
Le cri du Saint-Esprit aujourd'hui est celui-ci :
Nkundira ndagukunde.
Laisse-moi t'aimer.
Pas laisse-moi te corriger. Pas laisse-moi te juger. Pas laisse-moi dresser la liste de tout ce qui ne va pas encore. Laisse-moi t'aimer, toi, tel que tu es, là où tu es, dans le tombeau ou à l'entrée, les yeux secs ou les joues mouillées.
On a plus à y gagner qu'on ne le croit.
Très bonne semaine à tous. 🙏




🙏🙏💖
Shalom Shalom 🙌🏿❤️👍