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La petite maison de Zachée

Dernière mise à jour : 28 mars


Il y a une façon de lire la Bible avec des enfants qui change tout.

On croit qu'on leur explique les Écritures. En réalité, ce sont eux qui nous les expliquent.

Depuis quelque temps, nous avions pris l'habitude de raconter les histoires bibliques à nos enfants avec des mots simples, des mots d'enfants, pour rendre la Parole de Dieu accessible, vivante, proche. Pas un cours de théologie. Une histoire. Une vraie histoire, avec des personnages, des rebondissements, des détails qui font image.

Un soir, ce fut le tour d'Olivier de raconter. Il choisit Zachée.

Il prit le temps de bien poser le décor. Zachée, le collecteur d'impôts. Zachée, pas aimé de ses voisins. Et surtout, détail capital, savamment mis en valeur, Zachée, tout petit. Si petit qu'il avait dû grimper dans un sycomore pour apercevoir Jésus par-dessus la foule.


Nos enfants écoutaient. Enfin, ils semblaient écouter. Mais ceux qui ont des enfants savent que cette apparence de silence ne dure jamais longtemps. Chez nous en particulier, une phrase non interrompue est une rareté. Ils réfléchissent à chaque mot, ils retiennent les détails, et ils attendent, patiemment ou non,le moment de placer leur question. Qui va des plus farfelues aux plus profondes, souvent dans le même souffle.

Ce soir-là, quand Olivier arriva au moment où Jésus lève les yeux vers Zachée dans l'arbre et lui dit "descends, car il faut que je demeure aujourd'hui dans ta maison", une de nos filles leva la main.

Elle arrêta son père et demanda, avec tout le sérieux du monde :

"Mais comment Jésus va-t-il dormir chez lui alors que Zachée a un petit lit ?"

J'en pleurais de rire.

Vraiment, de ces rires qui surprennent, qui débordent, qui font du bien jusque dans les côtes. Parce que c'était drôle, oui. Mais aussi parce que c'était d'une pertinence désarmante.

Elle avait tout suivi. Elle avait retenu que Zachée était petit, donc, logiquement, sa maison était petite, son lit était petit. Et Jésus, qui n'était pas décrit comme particulièrement petit, allait dormir là-dedans comment, exactement ?

La question était pratique. Concrète. Enfantine dans sa formulation. Et pourtant, en y réfléchissant, elle touchait quelque chose de beaucoup plus profond que ce qu'elle semblait demander.

Parce que c'est exactement ce que nous faisons, nous les adultes, quand Dieu décide de nous rendre visite.

Nous regardons ce que nous avons à Lui offrir. La taille de notre foi. La taille de notre maison intérieure. La taille de ce que nous pensons être capables de recevoir. Et nous nous demandons, sincèrement, comment Il va faire pour tenir là-dedans, comment Quelqu'un d'aussi grand, d'aussi puissant, d'aussi impressionnant dans Sa personne et Sa gloire, va pouvoir entrer dans une vie aussi ordinaire, aussi petite, aussi encombrée que la nôtre.

Mais comment Il va dormir chez moi alors que j'ai un si petit lit ?

Nous calculons. Nous évaluons nos ressources avant d'ouvrir la porte. Nous comparons ce que nous avons à offrir avec ce que nous pensons que Dieu mérite, et souvent, nous concluons que ce n'est pas suffisant. Que Jésus irait sûrement plus volontiers chez les autres. Ceux qui ont de meilleures fondations, une maison plus grande, une vie plus présentable.

Et pourtant, Il choisit Zachée.

Pas le chef de la synagogue. Pas le plus respectable de la ville. L'homme dans l'arbre,Zachée, Apocalypse 3:20, Jésus frappe à la porte, grâce divine, transformation, foi, humilité, amour de Dieu, parentalité chrétienne, Matthieu 20:28 le petit, le mal-aimé, celui que tout le monde avait décidé de ne pas inviter. Jésus lève les yeux, le voit, et dit : c'est chez toi que je vais aujourd'hui.

Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. 
 Apocalypse 3:20 (LSG)

Il frappe. Il attend. Il ne force pas la porte, même s'Il en aurait largement la capacité. Il attend qu'on ouvre. Et ce qu'Il apporte en entrant n'est pas une liste d'exigences ni un cahier de charges. Il apporte un souper. Il apporte Sa présence. Il apporte ce que nous n'aurions jamais pu préparer nous-mêmes.

Parce qu'Il n'est pas venu pour être servi. Il est venu pour servir.

C'est ainsi que le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs.
Matthieu 20:28 (LSG)

Il vient non pas pour profiter de ce que nous avons, mais pour nous libérer de notre petitesse, cette petitesse de mentalité, de capacité, de vision, que nous avons souvent fini par confondre avec notre identité. Il vient nous rappeler que nous sommes créés à Son image. Pour régner. Pour être bien plus grands que les cases dans lesquelles nous nous sommes installés.

Il a infiniment plus à nous offrir que nous ne pourrions jamais Lui donner.

Mais il faut dire les choses honnêtement : quand Il entre, Il fait des ajustements.

De gros ajustements, parfois. Pas par plaisir de tout bouleverser. Mais parce qu'avant de construire sur de bonnes fondations, Il doit défaire ce qui repose sur de mauvaises. Et cette partie-là, la partie où Il touche à ce qu'on avait construit soi-même, parfois pendant des années, parfois avec beaucoup d'efforts et de conviction, est souvent la plus difficile de toute notre relation avec Lui.

Parce qu'on y était attaché. Parce qu'on pensait sincèrement que c'était le meilleur plan. Parce qu'on avait investi là-dedans quelque chose de soi.

Il ne détruit jamais sans notre consentement, Il frappe, Il attend, Il respecte notre liberté jusqu'au bout. Mais quand on Lui ouvre vraiment, Il ne se contente pas de s'installer poliment dans un coin sans déranger. Il transforme. Il agrandit. Il fait de la place pour quelque chose que notre petit lit n'aurait jamais pu contenir.

Combien de fois nous sommes-nous dit qu'Il irait sûrement chez les autres, les plus méritants, les plus constants, les moins compliqués, parce que nous, nous étions trop petits, trop insuffisants, trop en désordre ?

Zachée aussi pensait peut-être ça. Il ne demanda pas à rencontrer Jésus, il voulait juste Le voir, de loin, depuis son arbre, sans déranger personne. Et c'est précisément lui que Jésus appela par son nom.

Ton nom aussi, Il le connaît. Ton arbre aussi, Il le voit. Et ton petit lit, Il s'en accommodera très bien, je t'assure.

Fais-Lui de la place. Il arrive. Et Il amène un souper qu'Il a préparé juste pour toi.

Excellente journée à tous. 🙏


1 commentaire


Self conscious hhahhahahaa uwo ni jewe kabisa. Merci pour le rappel c'est l'une des choses que j'oublie facilement. Seigneur aide moi

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