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Paroles d'enfant...

Dernière mise à jour : 3 avr.

Il y a des moments dans la maternité où l'on se demande sérieusement comment répondre à ce qui vient de sortir de la bouche de son enfant.

Celui-là en était un.

Je me tenais dans la cuisine, absorbée par la préparation du repas, sans remarquer qu'Evan, mon plus jeune, m'observait intensément depuis le plancher. Étendu là, calme, les yeux levés vers moi. Depuis qu'il avait décidé que le sol était un endroit tout à fait acceptable pour se reposer, s'allonger par terre ne me choquait plus vraiment. Du moment qu'il était calme, je prenais ce que la vie m'offrait.


Et puis :

"Maman, tu as un gros ventre."

Je dois vous avouer que je ne savais pas quoi répondre à cette remarque lancée tous azimuts, avec la désinvolture tranquille d'un enfant qui énonce un fait observable et ne voit vraiment pas où est le problème.


"Ben oui... maman a un gros ventre."


C'est tout ce que j'avais. Comme réponse, c'était mince. Mais face à ce genre de remarque, la dignité maternelle fait parfois ce qu'elle peut.


Bien sûr, ce ne serait pas du Evan si la réflexion s'était arrêtée là.

Il voulut savoir pourquoi. Et moi, voulant à la fois me débarrasser de ses questions presqu'embarrassantes ET éviter soigneusement de reconnaître que j'avais peut-être un peu négligé mon alimentation ces derniers temps, je choisis la réponse la plus neutre possible :


"Eh bien... maman a eu trois enfants."


Il réfléchit une seconde. Puis, avec le plus grand sérieux du monde :


"Ah bon. Tu les as mangés ?"


J'éclatai de rire. Vraiment, de bon cœur, parce que dans mon entendement d'adulte, une telle conclusion était impensable. Absurde. Mais dans son entendement à lui, parfaitement logique : il savait déjà que manger faisait prendre du poids. Donc si maman avait un gros ventre, et que ce gros ventre avait un rapport avec trois enfants... la déduction s'imposait d'elle-même.


Il ne pouvait pas savoir, à son âge, qu'accoucher peut sensiblement changer le corps d'une femme. Cette réalité-là, je lui expliquerai en temps voulu. Mais pour l'instant, il raisonnait avec ce qu'il savait, et ce qu'il savait était réel, juste... incomplet.


Cette scène me resta dans l'esprit bien après qu'il fut passé à autre chose.


Combien de fois avons-nous eu la certitude absolue de comprendre une réalité spirituelle, parce que nous avions eu une certaine expérience, souvent petite, souvent partielle, jusqu'à ce qu'un jour, la tournure des événements nous surprenne complètement ?

Jusqu'à ce qu'on réalise que ce qu'on croyait savoir n'était qu'une partie de l'image ? Qu'on avait tiré des conclusions parfaitement logiques... depuis un angle de vue trop étroit ?


Evan avait raison dans ses prémisses. Il avait tort dans sa conclusion. Non par manque d'intelligence, mais par manque de maturité. De vécu. D'expérience accumulée.

Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu un homme, 
j'ai mis fin à ce qui était de l'enfant. 
1 Corinthiens 13:11

N'est-il pas temps, parfois, d'entrer dans une autre dimension de sagesse divine ? De nous défaire de notre compréhension simplement humaine, aussi cohérente qu'elle nous semble, pour laisser Dieu élargir notre angle de vue ?


Je dis ça. Je ne dis rien.


Les circonstances de ma vie personnelle m'ont bien appris quelque chose sur ce sujet. Chaque fois que je pensais être debout , chaque fois que je me croyais arrivée à une compréhension solide, à une maturité spirituelle suffisante, il ne fallait souvent que quelque temps pour que je me rende compte que je tombais.


Pas à cause d'une grande catastrophe. Souvent à cause de quelque chose de plus insidieux : la suffisance. L'orgueil spirituel. Cette certitude tranquille d'avoir compris, qui ferme doucement les yeux du cœur sans qu'on s'en aperçoive.


Et puis le retour. Dans la Parole, en me soumettant à Son Esprit. Et dans ce retour, des moments extraordinaires avec mon Père que je n'aurais pas échangés pour rien au monde. Comme si la chute elle-même avait été nécessaire pour m'amener à cet endroit-là, plus bas, oui, mais aussi plus vrai.


C'est Lui qui décide quoi te dire. Quand te le dire. Comment te le dire. Parce que quand Il te parle de la Vérité, Il ne te parle que de Son Fils.


La Vérité dont parle la Parole n'est pas un énoncé de principes. Ce n'est pas une liste de lois, de concepts ou de préceptes à intégrer. C'est une Personne. Jésus-Christ, vivant, présent, agissant.


Et cette Vérité-là dérange l'intelligence humaine. Elle a toujours dérangé.

Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, j'anéantirai l'intelligence des intelligents. 
1 Corinthiens 1:18-19

La croix ne s'explique pas. Elle ne se déduit pas logiquement comme Evan déduisait la cause de mon ventre rond. Elle se reçoit. Elle se croit. Et ceux qui la croient découvrent, à leur grande surprise, que ce qui semblait être de la folie était en réalité la plus grande puissance qui soit.


Evan aura besoin de grandir pour comprendre ce que l'accouchement fait au corps d'une femme. Nous aussi, nous avons besoin de grandir, en Lui, par Son Esprit, pour voir ce que la croix a réellement accompli.


Tout. Elle a tout accompli.


Très bonne journée à tous. 🙏



2 commentaires


Nyamoya Nathalie
Nyamoya Nathalie
22 nov. 2022

Absolument. Merci Georges

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nteziryayogeorges
22 nov. 2022

C'est ça! Nous vanter, non de notre amour pour Jésus, mais plutôt, de l'Amour de JESUS pour nous!

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