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La puissance de son Amour

Dernière mise à jour : il y a 23 heures


Quand j'appris que j'étais enceinte pour la première fois, ma plus grande inquiétude n'était pas celle qu'on aurait pu attendre.

Pas la grossesse elle-même. Pas l'accouchement. Pas les nuits sans sommeil ou les couches ou les tétées.


Non, mon inquiétude était ailleurs, plus secrète, plus étrange : est-ce que j'aurais les sentiments qu'il faut ? Est-ce que quelque chose se déclencherait en moi, cette inquiétude permanente, cette émotivité visible, cette façon de vibrer pour son enfant que je voyais chez la plupart des mères autour de moi ?


Ceux et celles qui me connaissent savent : je ne suis pas du genre émotive. Je suis de celles qui gèrent, qui analysent, qui restent debout quand les autres s'effondrent.


Je me disais donc qu'il faudrait que je fasse des efforts. Que je travaille là-dessus. Comme si les émotions définissaient l'identité maternelle.


Comme s'il fallait les performer pour être une vraie mère. Je me trompais. Mais je n'allais pas le savoir tout de suite.

Il y a quelques nuits de ça, mon fils est tombé du lit.


Quatre heures du matin. Un cri dans le noir, pas un cri ordinaire, pas une plainte de mauvais rêve, un cri avec dedans quelque chose que j'ai reconnu instantanément, viscéralement, sans même être tout à fait réveillée : de la douleur. Et de la frayeur.

Sa sœur s'était déjà levée pour appeler au secours.

Je sautai déjà du lit.


Dans le couloir sombre, je faillis fracasser la porte, je l'aurais arrachée de ses gonds si elle avait résisté, je crois. Devant la chambre des enfants, mes chaussettes glissèrent sur le sol et je manquai de tomber. Rien de tout cela ne m'arrêta, même pas une seconde. Je n'étais plus dans ma tête, j'étais dans mes bras, dans mes jambes, dans ce mouvement instinctif et irrépressible vers mon fils.


Quand je le trouvai enfin et le pris contre moi, les câlins que je lui donnai ce soir-là étaient, je dois l'admettre, complètement démesurés. Disproportionnés. Excessifs, même, probablement. Je le serrai, je lui parlai, je chassai sa frayeur avec tout ce que j'avais, jusqu'à ce qu'il se calme, jusqu'à ce que la douleur cède et que le sommeil revienne.


Le lendemain matin, en repensant à tout ça, quelque chose me fit sourire doucement.


La Nathalie au cœur dur avait des sentiments, tout compte fait.

Ils n'avaient pas eu besoin d'être travaillés. Ils n'avaient pas eu besoin d'être construits ni appris ni performés. Ils étaient là, enfouis, peut-être, discrets dans les moments calmes, mais absolument présents, absolument réels, prêts à surgir avec une force que je n'aurais pas su anticiper.


Un cri dans le noir à quatre heures du matin, et toute la théorie sur ma nature peu émotive s'était effondrée en quelques secondes.


Et puis la pensée arriva, comme elle arrive souvent, pas de façon spectaculaire, mais doucement, presque à voix basse.

Pourquoi est-ce que je n'imagine pas Dieu capable de faire la même chose pour moi ?

C'est surprenant, non ? Je peux admettre sans difficulté que je traverserais des portes pour mon fils. Mais accepter que le Père céleste puisse traverser l'obscurité pour moi, pour mes peurs, mes angoisses, mes nuits à quatre heures du matin, c'est là que quelque chose résiste. Quelque chose d'intellectuel, de rationnel, qui comprend la puissance de Dieu en théorie mais peine à se reposer vraiment sur son amour en pratique.

Il te couvrira de ses plumes, et tu trouveras un refuge sous ses ailes ; sa fidélité est un bouclier et une cuirasse. Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole de jour. 
Psaumes 91:4-5 (LSG)

Les terreurs de la nuit. Pas seulement les dangers réels, mesurables. Les terreurs, ces peurs qui ont leurs propres logiques, leur propre heure préférée, leur propre façon de grandir dans le noir quand on n'a personne à appeler.

Il en parle. Il les connaît. Il a prévu un refuge pour elles.


Moi, j'ai failli glisser sur mes chaussettes dans le couloir. Je n'ai pas été très gracieuse. Mais j'y suis allée.


Jésus, Lui, n'a pas glissé. Il n'a pas trébuché, pas reculé, pas hésité. Il a accepté de mourir, vraiment, entièrement, jusqu'au bout, pour moi. Et si le Père a donné ce qu'Il avait de plus précieux, comment pourrait-Il se retenir de venir à mon secours dans mes quatre heures du matin à moi ?


Pas seulement quand le danger est réel et vérifiable. Pas seulement quand la chute est grave et la blessure manifeste. Mais aussi, et c'est là que l'amour paternel dépasse toute logique, quand le cœur est juste apeuré. Quand il n'y a pas de vraie raison de crier, mais que la frayeur, elle, est bien réelle.


Un père ne protège pas seulement face au danger objectif. Il console le cœur apeuré de son enfant. Il serre dans ses bras de façon démesurée, disproportionnée, excessive, parce que c'est ça, l'amour d'un père. Pas calculé. Pas rationné. Pas conditionnel à la gravité de la situation.


C'est là où notre foi peut parfois trébucher, non pas sur la puissance de Dieu, que la plupart d'entre nous comprenons intellectuellement, mais sur Son amour. Sur Sa disposition à se lever pour nous. Sur cette réalité que nous avons du mal à habiter vraiment : Il a le cœur d'un Père.


Si notre foi ne repose pas sur la confiance en cet amour-là, on peut connaître Sa puissance comme une doctrine et ne jamais s'y reposer comme dans des bras.

Que mille tombent à ton côté, et dix mille à ta droite, tu ne seras pas atteint. 
Psaumes 91:7 (LSG)
Recommande ton sort à l'Éternel, mets en lui ta confiance, et il agira. 
Psaumes 37:5 (LSG)

Il agira. Pas peut-être. Pas si tu le mérites assez. Pas si ta peur est suffisamment justifiée. Il agira, parce que c'est ce que font les pères quand leurs enfants crient dans le noir.


Ce soir-là, mon fils s'est rendormi dans mes bras. Rassuré. Apaisé. La douleur passée, la frayeur dissipée, le monde redevenu sûr parce que maman était là.

La Nathalie cœur dur avait des sentiments depuis le début. Elle n'avait simplement pas encore été mise à l'épreuve de la bonne façon.


Et toi, quelle que soit ta nuit en ce moment, quelle que soit la peur qui te réveille à des heures impossibles, fondée ou non, grande ou petite, tu as un Père qui a sauté du lit bien avant que tu cries.


Que Dieu vous bénisse abondamment. 🙏


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