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Un gros câlin

Dernière mise à jour : 4 avr.


Quand mes enfants rentrent de l'école, chacun a ses petites manies.

L'un laisse traîner ses chaussures à l'entrée et son sac n'importe où, ce qui me pousse invariablement à insister pour qu'il range ses affaires.



Un autre arrive à peine pour ressortir aussitôt . Et moi, je me retrouve à leur quémander des bisous, des câlins, une seconde d'attention.


Ils le font parfois de bon gré. Et d'autres fois non, parce qu'une affaire urgente se passe dehors et qu'il ne faut surtout pas la manquer. Ils m'embrassent alors à la va-vite, sans vraiment prendre le temps de me serrer dans leurs bras. Ils le font juste pour ne pas me faire de la peine. Pour cocher la case maman avant de passer à autre chose.


Et je les laisse partir. Parce que c'est ainsi que ça marche, à cet âge-là.

Mais quand j'arrive à capter leurs regards, à vraiment les attraper avant qu'ils ne s'échappent, à les serrer dans mes bras le temps d'un vrai câlin, je dois avouer que c'est un moment assez magique.


Je trouve alors le temps de les aimer autant que quand ils dorment, parce que je les embrasse plus facilement dans leur sommeil, non excités par le monde extérieur.


Ce contact visuel est rare, mais précieux. C'est un moment où je peux leur dire que je les aime et sentir qu'ils le ressentent vraiment, qu'ils le reçoivent vraiment. Ils sourient. Ils me serrent dans leurs bras. Ils ne sont plus pressés, un peu comme si le temps se ralentissait, ou comme si l'amour de maman devenait soudainement plus important que ce qui se passait dehors.

Un moment que j'aimerais rendre plus long encore.

Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, 
qui ne lui sera point ôtée.  
Luc 10:40-42

Je pense à Marie. Assise aux pieds de Jésus pendant que sa sœur s'affairait, s'agitait, gérait, organisait. Et je me demande ce qu'elle avait vu, ce qu'elle avait compris, ce qu'elle avait saisi dans le regard de cet homme qui lui parlait.


Et si Marie avait simplement compris que Dieu fait chair avait quitté Son trône pour être là, dans cette pièce, les yeux posés sur elle ? Et si, dans ce regard, elle avait reçu quelque chose qu'aucune tâche domestique accomplie ne pouvait lui donner ?


Le monde nous a souvent montré un Dieu sévère, à l'affût de nos péchés et de nos erreurs, comptabilisant nos manquements avec précision. Pourtant, Celui qui est à l'origine du bien-être, de la joie, de la passion ne pourrait-Il pas nous offrir toutes ces choses, en Jésus ? Car Il ne vient pas seulement dans les mauvaises circonstances. Il est aussi à l'origine des bonnes dans nos vies, même si on l'oublie trop facilement quand tout va bien.


Comment courir vers autre chose quand on a la révélation d'un amour plus grand que celui d'une mère ? D'un amour qui t'arrête, qui te paralyse, non pour te détruire, mais pour te restaurer, te renforcer, te rappeler qui tu es ?


Et si dans le regard de Jésus, Marie avait compris que le Dieu qui créa tout l'univers avait posé Ses yeux, non sur les astres et les merveilles qu'Il avait créés, mais sur la personne sans doute la plus fragile de la pièce, la plus confuse, en proie aux doutes, celle qui se sent délaissée, celle à qui ses proches font des reproches en public parce qu'elle est juste... assise ?


Juste assise. Sans rien produire. Sans rien justifier. Juste là, les yeux levés vers Lui.

Et c'est précisément elle qu'Il choisit de défendre.

Comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez 
remplis jusqu'à toute la plénitude de Dieu. 
Éphésiens 3:18-19

Cette part que Marie avait choisie, celle qui ne lui serait jamais enlevée, c'était ça. Non une liste de choses bien faites. Non une performance spirituelle. Juste la connaissance de cet amour, large, long, profond, haut, démesuré, incalculable.


Moi, je cours après mes enfants pour attraper leurs regards, pour voler un câlin avant qu'ils ne s'échappent vers le monde extérieur. Et parfois j'y arrive, et ces secondes-là valent tout le reste de la journée.


Dieu court après nous de la même façon. Avec la même impatience affectueuse. Non pour nous évaluer, non pour pointer ce que nous n'avons pas fait, mais pour capter nos regards, pour nous serrer dans Ses bras le temps que nous réalisions que quelque chose de plus important que tout le reste se passe ici, maintenant, dans cette étreinte-là.


Il est venu d'abord pour t'aimer. Pour te faire connaître Son amour avant toute chose. Car tu as du prix à Ses yeux, bien plus que tu ne le crois.


Prière


Père, donne-nous d'être conscients de Toi, de Ton amour, et non de la liste de nos prières. Il nous est difficile de nous défaire de notre quotidien, car nous courons souvent après les jouets qui nous divertissent.

Que Tes bras d'amour nous entourent et nous arrêtent dans nos courses folles vers la vanité, afin de prendre conscience de combien Tu nous aimes. Car Tu nous as aimés en premier. Que Tu veux danser avec nous, nous faire rire, nous rassurer et nous consoler, nous faire vibrer plus que tout ce que nous pouvons imaginer.

Amen.

Excellente fin de semaine à tous. 🙏



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